La Ville a inauguré vendredi 13 janvier deux nouvelles voies, rendant hommage à deux figures : Missak Manouchian, résistant fusillé en février 1944, et Jacqueline Bernier, déportée de la seconde guerre mondiale. La première se situe dans le quartier de la Martellière, la seconde près de l’Escall.
Missak MANOUCHIAN (1906-1944), est né en Turquie de famille arménienne. Il a été profondément marqué par le génocide du peuple arménien. Il arrive en 1924 à Marseille. Communiste, engagé dans la Résistance et responsable des FTP-MOI de Paris (Francs Tireurs Partisans – Main d’Oeuvre Immigrée), il mène une guérilla incessante contre l’occupant nazi. Arrêté le 16 novembre 1943 à Evry, il est jugé comme étranger mettant la France en péril. Condamné à mort, il est fusillé le 21 février 1944 au Mont Valérien, avec vingt et un membres de son groupe de résistants. Olga BANCIC, la seule femme, vingt-troisième membre du réseau, sera décapitée ultérieurement en Allemagne.
Juste avant son exécution, Missak MANOUCHIAN déclare ceci : « Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu’il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous. »
Gestapo et Police française utiliseront ces exécutions à des fins de propagande. C’est ainsi que sera apposée sur les murs de Paris une affiche, connue depuis sous le nom d’ « affiche rouge », visant à discréditer la résistance dans l’opinion publique. Le combat et l’exécution de Missak MANOUCHIAN et de ses camarades a inspiré l’un des poèmes de Louis Aragon.
Jacqueline BERNIER (1912-2003), est arrêtée avec son père René (entré en résistance en 1940), sa mère Madeleine, sa sœur Odette, le 20 janvier 1944. Toute la famille est déportée en Allemagne. Les femmes sont dirigées sur Ravensbrück, puis déplacées ensuite à Mauthausen où elles retrouveront Juliette ALLIOT. Madame Madeleine BERNIER décédera à Mauthausen le 28 mars 1945. Jacqueline et sa sœur Odette sont libérées par les Américains.
Jacqueline BERNIER, déportée matricule 32483, sera promue Chevalier de la Légion d’Honneur en 1977, et élevée au grade d’Officier dans ce même ordre en 1999. Elle s’est éteinte le 19 mars 2003.



