Tamara Drewe
Posy Simmonds – Denoël, 2008.
Avec son nez refait, ses jambes interminables, ses airs de princesse sexy, son job dans la presse de caniveau, ses aspirations à la célébrité et sa facilité à briser les cœurs, Tamara Drewe est l’Amazone urbaine du XXIe siècle. Son retour à la campagne, dans le village où a vécu sa mère, est un choc pour la petite communauté qui y prospère en paix.
Hommes et femmes, bobos et ruraux, auteur à gros tirage, universitaire frustré, rock star au rancart, fils du pays, teenagers locales gavées de people, tous et toutes sont attirés par Tamara, dont la beauté pyromane, les liaisons dangereuses et les divagations amoureuses éveillent d’obscures passions et provoquent un enchaînement de circonstances aboutissant à une tragédie à la Posy Simmonds, c’est-à-dire à la fois poignante et absurde.
Librement inspiré du roman de Thomas Hardy" Loin de la foule déchaînée", un portrait à charge délicieusement cruel et ironique de l’Angleterre d’aujourd’hui.
« Imaginez Flaubert revu et corrigé par Claire Brétécher. » Julian Barnes
Caveau de famille de Katarina Mazetti - Gaïa, 2011.
Désirée dévore avec autant d’ardeur les livres et les produits bio. Benny, lui, élève des vaches et n’imagine pas qu’on puisse lire " de son plein gré ".
Pourtant, ils se sont promis trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si cela ne donne rien, c’est terminé pour toujours.
Bingo ! Après trois essais manqués et trois prolongations qu’ils s’accordent en bons tricheurs amoureux, Désirée tombe enceinte. Non sans quelques appréhensions, elle s’installe dans la ferme de Rönngarden. Désirée apprend à traire les vaches, à son retour de la bibliothèque où elle travaille, tandis que Benny, qui a la jambe dans le plâtre, apprend à changer les couches du bébé.
Les deux parents se retrouvent bientôt débordés par la ferme, les vaches, le petit Arvid et bientôt un deuxième bébé ! Les tensions montent rapidement dans le couple. Et leur intimité fond comme neige au soleil. Dans un sursaut d’amour, ils décident de se donner une nouvelle chance et partent en vacances quatre petits jours avant les labours d’automne.
Comme le disait un critique littéraire suédois : " Le quotidien tue l’amour, la vie de famille l’enterre. "
C’est gai. Bienvenue dans le caveau de famille ! Pétillant et jubilatoire.
La France de Raymond Depardon
Raymond Depardon - Seuil, 2010.
Raymond Depardon expose dans ce livre 300 photographies, prises à l’aide d’une chambre posée sur un pied lors d’un périple en France, « cette France lointaine qui faisait partie de mon histoire » (Le Monde, 22/04/11).
On prend goût à ce voyage dans une France à la fois banale et insolite.
Le Cherche-Bonheur
de Michael ZADOORIAN
Traduit par Jean-François MERLE
Avis de recherche : Ella et John Robina, couple de citoyens américains à la retraite, vus pour la dernière fois au volant de leur camping-car, le "Cherche-Bonheur", aux abords de Detroit.
Si vous avez des informations, merci de contacter au plus vite leurs enfants au numéro qui suit…
Après une longue vie et soixante ans de mariage, la santé chancelante et la mémoire qui flanche, Ella et John savent que leurs jours d’autonomie sont comptés. Si John ne se souvient plus nécessairement si on est mardi ou jeudi, il peut encore conduire. Ella le « kidnappe » donc, avec une seule idée en tête : partir une dernière fois à l’aventure.
C’est le début d’un périple extraordinaire…
Le baby-sitter
Jean-Philippe Blondel.- Buchet Chastel, 2009.
Alex, étudiant désargenté, devient baby-sitter. Peu à peu, de plus en plus de parents font appel à lui. Il devient, contre toute attente, leur ami et confident. De cette manière, il apprend à découvrir l’univers des adultes, ainsi que les blessures que chacun d’eux dissimule.
Un roman émouvant sur les relations humaines, sensible et plein de tendresse.
La vaine attente
de Nadeem Aslam – Seuil, 2009
Nadeem Aslam est né en 1966 au Pakistan. Sa famille se réfugie dans le nord de l’Angleterre lorsqu’il a quatorze ans.
« Personne ne s’aventure près de la maison, lui a dit Marcus, parce que la zone autour du lac est censée être habitée par les djinns. C’est un endroit où s’affrontent les vents du lac, de la montagne, du verger, mais pour les musulmans l’air y est à jamais chargé de la présence invisible des esprits, bons et mauvais, de l’univers. Et pour faire bonne mesure, un fantôme, censé être celui de sa fille Zameen, est apparu dans une des pièces le jour où les talibans ont débarqué, ce qui les a aussitôt mis en fuite. »
Anglais de naissance, Marcus Caldwell a passé la majeure partie de sa vie en Afghanistan, après avoir épousé une Afghane. A soixante-dix ans, en deuil de sa femme et de sa fille, il désespère de retrouver Bihzad, son petit-fils disparu. Le sort de l’enfant reste un mystère. Aux côtés du vieux médecin, il y a Lara, originaire de la lointaine Saint-Pétersbourg, qui a accompli un long voyage pour tenter de retrouver son frère, soldat de l’armée soviétique ; David, ancien agent de la CIA et ami de Zameen, parti sur les traces de son fils ; Casa, exécutant appliqué endoctriné par les talibans qui se sent investi d’une mission importante.
Des cellules dormantes d’Al-Qaida à la corruption au sein de la CIA, Nadeem Aslam fait feu de tout bois et raconte – verdict froid, cinglant et sans appel – l’enfer afghan sans prétendre à la vérité historique.
De la violence et l’injustice, de l’ordonnancement du récit, du rythme haletant de ce deuxième roman jaillit une force incroyable. Nadeem Aslam écrit comme on enfonce un clou dans un bois trop dur : en tapant fort, sans ménager ses forces.
Les heures souterraines
de Delphine de Vigan.- Lattès, 2009.
Mathilde prend tous les jours le métro et le RER D pour se rendre à son travail. Thibault, un médecin urgentiste, passe son temps dans les rues parisiennes et auprès des patients chez qui on l’envoie. Un jour de mai, Mathilde et Thibault vont-ils se rencontrer, ou simplement se croiser ?
Il s’agit là d’un roman vibrant d’une colère et d’un désespoir qu’aucun mot ne peut décrire ! Une lutte sans merci de deux êtres qui ne se connaissent pas mais qui se battent pour leur vie, pour ne pas sombrer. Un roman empli d’une violence silencieuse qui nous désarme !
La Ballade de l’impossible par Haruki Murakami – Seuil,1994.
Watanabé est seul dans un avion. Une chanson passe, " Norwegian Wood " des Beatles. Il se souvient. 1969. Watanabé rencontre Naoko, l’ex-amoureuse de son seul ami, mort depuis, suicidé. Ils se retrouvent, se reconnaissent, se réconfortent et s’aiment.
Watanabé a deux maîtresses. Naoko et Midori. La première, blessée, rencontre des difficultés : à la vie elle préfère l’exil et choisit de se retirer dans un lieu de repos. Au contraire, la seconde croque son existence avec entrain.
Il côtoie également Reiko, qui lui raconte comment une adolescente de 13 ans lui a fait perdre la tête. "Ce fut assez grave : j’ai pris des somnifères et j’ai ouvert le gaz."
Vivre ou mourir ? C’est la question centrale de ce récit aux effluves libertaires, sentimentaux et sensuels.
Un superbe roman d’apprentissage aux résonances autobiographiques, dans lequel l’auteur fait preuve d’une tendresse, d’un charme poétique et d’une intensité érotique.
Des hommes
par Laurent Mauvignier- Minuit, 2009.
Ils ont été appelés en Algérie en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Février, Rabut et d’autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies. Mais parfois, il suffit de presque rien, d’une journée d’anniversaire, d’un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.
L’auteur parvient à restituer les blessures cachées, dissimulées, volontairement oubliées d’un passé qui, finalement appartient à nous tous, à "l’Histoire". Une réflexion sur la guerre et sur l’impact qu’elle a sur nos vies après le combat.
Chansons sans paroles
d’Ann Packer – éditions de l’Olivier, 2009.
Un roman féminin et émouvant, par l’auteur d’Un amour de jeunesse, grand succès de l’année 2004. Liz et Sarabeth sont amies depuis l’enfance. Elles ont traversé ensemble les bonheurs, les deuils ou les désillusions. L’une est mariée, l’autre affronte la solitude en se jetant à corps perdu dans le travail, mais rien ne semble pouvoir entamer le lien qui les unit. Pourtant, lorsque Lauren, la fille de Liz, tente de se suicider, tout bascule. Leur amitié s’étiole inexorablement et, dans la famille de Liz, le mal-être de Lauren provoque une véritable onde de choc. Ann Packer explore avec subtilité les fêlures humaines et les répercussions intimes d’un drame. Elle pénètre dans la conscience de ses personnages pour révéler leur nature profonde. Qu’est-ce qui lie véritablement les êtres entre eux ? Comment résister aux aléas de la vie ? Peut-on encore se rapprocher de gens qu’on ne comprend plus ? Ann Packer nous livre ses réponses dans ce magnifique roman sur le destin.
…A la folie
de James et Sylvain Ricard – Futuropolis, 2009.
James et Sylvain Ricard, avec "…A la folie" nous offrent un album fort, dérangeant et sans manichéisme. Ils nous montrent dans une BD toute la complexité et l’horreur de la violence conjugale.
Voici l’histoire d’un petit couple « ordinaire » qui s’aime un peu, beaucoup, à la folie. Ils se sont rencontrés, il y a quelques années et se sont rapidement mariés. L’homme gagne bien sa vie, la femme n’aura pas besoin de travailler. Pourtant, un jour, cette harmonie se brise. Une bête dispute, rien de spécial explique-t-elle. Mais cette dispute entraîne les premiers coups. Leur vie bascule et l’horreur s’installe au quotidien. La femme se tait. Elle finit même par accepter cette situation, voire excuser son mari. Peu à peu, les proches de la femme s’aperçoivent de la situation. Chacune y va de son conseil. Pour son amie, il faut porter plainte auprès de la police. Pour sa mère, la violence masculine est purement hormonale. Ils se calment dès que les femmes accordent quelques « petites attentions » aux hommes. Jusqu’au jour où la femme ne peut plus supporter cette situation atroce.
"…A la folie" est un récit à deux voix. Les personnages, la femme et l’homme, racontent la situation telle qu’ils la vivent, presque sans acrimonie. Un récit qui n’occulte pas pour autant la violence physique et psychologique.
Saisons russes
de Florence Ehnuel
Stock, 2009.
Saisons russes est l’histoire d’une femme quadragénaire habitant une grande ville de province, active, sensuelle, libre d’esprit, confrontée à la vie et, surtout, à elle-même. Une femme dont l’horizon des désirs n’est jamais bouché (bien que sa liberté, parfois, la tétanise). Une femme qui, probablement, ressemble un peu à Florence Ehnuel. Cet auteur raconte une expérience singulière qui s’étend sur une année : celle de l’apprentissage d’une langue étrangère.
Aucun but utilitaire ne vient justifier son choix : durant quatre saisons, la narratrice se rendra chez son professeur, Iouri, à bicyclette, en dépit de la distance et des aléas climatiques, à raison de deux séances mensuelles, puis d’un cours hebdomadaire.
Ce rythme n’est pas sans faire penser à une psychanalyse ou au rituel amoureux. L’auteur décrit ses progrès, la métamorphose que le russe produit en elle. Les mots et leur musicalité l’imprègnent en profondeur au point qu’ils contribuent à modifier sa vision du monde et de sa propre vie. Mots et phrases agissent, tels des fils invisibles et jusque dans les silences, pour tisser entre maître et élève une relation complexe dont le lecteur jugera la nature ; un jeu tout en subtilité, parfois déroutant, dominé par la cérébralité des deux protagonistes.
Les Disparus
de Daniel Mendelsohn – Flammarion, 2007.
Dans la famille de Daniel Mendelsohn, il y a un trou : en 1941, son grand-oncle, sa femme et leurs quatre filles ont disparu dans l’est de la Pologne. Comment sont-ils morts ? Nul ne le sait. Pour résoudre cette énigme, l’auteur part sur leurs traces. Le résultat ? Non un énième récit sur la Shoah, mais un formidable document littéraire, à la fois enquête dans l’Histoire et roman policier. Écoutons ceux qui l’ont lu : Joyce Carol Oates : « Daniel Mendelsohn a écrit une oeuvre puissamment émouvante sur le passé “perdu” d’une famille, qui rappelle à la fois l’opulence des oeuvres en prose de Proust et les textes elliptiques de W.G. Sebald. » Jonathan Safran Foer : « Entre épopée et intimité, méditation et suspense, tragédie et hilarité, Les Disparus est un livre merveilleux. »
L’heure trouble
de Johan Theorin – Albin Michel, 2009.
Stenvik, sur l’île suédoise d’Öland, septembre 1972, un jour de brouillard. C’est l’heure trouble, entre chien et loup. Le petit Jens Davidsson, six ans, échappe à la surveillance de sa grand-mère et escalade le mur de pierre du jardin, avant de s’aventurer pour la première fois sur la lande déserte. Il se perd et rencontre un homme inquiétant, Nils Kant. Vingt ans après, sa mère, Julia, infirmière, devenue dépressive et alcoolique, reçoit sur le continent un appel de son père octogénaire, Gerlof, ancien marin resté sur l’île, maintenant en maison de retraite. Il vient de recevoir par la poste une sandale d’enfant, qui pourrait être celle que portait Jens le jour de sa disparition. Julia décide de revenir sur l’île d’Öland. Dès lors, deux récits s’entrecroisent : le récit de la vie sulfureuse de Nils Kant jusqu’à ce soir de septembre 72 ; celui du retour de Julia et de son enquête. Un dispositif narratif virtuose qui tient magnifiquement le lecteur en haleine. Une enquête policière complexe (rebondissements, fausses pistes et retournement final) et originale. Des personnages fouillés, avec en particulier une réflexion sur le deuil, l’oubli, le pardon. Une écriture sobre et cependant poétique qui rend l’atmosphère de huis-clos insulaire avec ses non-dits, ses rumeurs, les brumes et les fantômes du passé.
Histoire de l’oubli
de Stefan Merrill Block – Albin Michel, 2009.
Raconté de deux perspectives différentes, un étonnant premier roman autour de la lutte émouvante d’une famille avec la maladie d’Alzheimer. A 70 ans, Abel Haggard vit en reclus dans une ferme proche de la banlieue de Dallas, hanté par le souvenir de Mae, sa belle-sœur et son grand amour. De leur folle passion était née une fille, Jamie, qu’il n’a jamais revue depuis qu’il lui a appris qu’il était son père biologique. A plusieurs centaines de kilomètre de là, près d’Austin (Texas), Seth Waller, un ado de 15 ans, surdoué et mal dans sa peau, décide d’enquêter sur l’histoire génétique de sa mère Jamie, atteinte d’une forme rare et foudroyante de la maladie d’Alzheimer. Bien que ni le grand-père, ni le petit-fils connaissent l’existence de l’autre, Seth et Abel ont un point commun : une enfance bercée par les légendes d’une cité mythique, Isidora, transmises et réinventées de génération en génération. Leurs retrouvailles arriveront trop tard : Jamie n’est plus en mesure de reconnaître quiconque mais Seth héritera de la mémoire des Haggard. Un formidable roman sur la complexité, la douleur et le bonheur suprême de l’oubli.
L’Auteur a 25 ans. "Histoire de l’oubli" est son premier roman.
Le voyage dans le passé de Stefan Zweig – Grasset, 2008 .
Le voyage dans le passé est l’histoire des retrouvailles au goût amer entre un homme et une femme qui se sont aimés et qui croient s’aimer encore.
Louis, jeune homme pauvre mû par une " volonté fanatique " tombe amoureux de la femme de son riche bienfaiteur, mais il est envoyé quelques mois au Mexique pour une mission de confiance. La Grande Guerre éclate. Ils ne se reverront que neuf ans plus tard. L’amour résiste t-il à tout ? A l’usure du temps, à la trahison, à une tragédie ?
Dans ce texte bouleversant, jamais traduit en français jusqu’à ce jour, on retrouve le savoir-faire unique de Zweig, son génie de la psychologie, son art de suggérer par un geste, un regard, les tourments intérieurs, les arrières-pensées, les abîmes de l’inconscient.
Le ciel n’attend pas
de Tawni O’Dell – Belfond, 2007.
Energique et grande gueule, Shae-Lynn, quarante ans, a rangé au placard son uniforme de flic pour devenir chauffeur de taxi à Jolly Mount, sa ville natale. Pendant des années, Shae-Lynn s’est débattue pour échapper à la violence de son père, au cynisme de Cam Jack, le propriétaire de la mine, et pour élever seule son fils Clay. Elle a choisi d’oublier enfin E. J., celui qu’elle aime en secret, et de tourner le dos à son passé.
C’est alors que sa petite soeur, Shannon, qu’elle croyait morte depuis longtemps, fait sa réapparition. Terrifiée, sur le point d’accoucher, celle-ci est suivie de près par un avocat new yorkais pressé, une femme au foyer désespérée et un mafieux russe plutôt prévenant.
La confirmation d’un auteur exceptionnel, dans la tradition des grands naturalistes américains, de Russell Banks à Richard Russo. Un roman violent et tendre, la description sans concession mais toujours chaleureuse de la vie dans une cité minière en perdition, autour d’une héroïne inoubliable.
D’autres vies que la mienne de Emmanuel Carrère
- P.O.L, 2009.
« À quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : des parents confrontés à la mort de leur enfant, un mari et ses enfants face à celle de la mère. Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ? C’était une commande, je l’ai acceptée. C’est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l’amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d’un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s’occupaient d’affaires de surendettement au tribunal d’instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour. »
Melnitz
Charles Lewinsky – Grasset, 2006.
Melnitz, c’est la saga de la famille Meijer, une famille juive suisse, de 1871 à 1945 – de la guerre franco-prussienne à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comme toutes les familles, les générations successives de Meijer vivent leurs amours, leurs drames, leurs succès et échecs professionnels, évoluent - y compris sur le plan religieux - en passant du 19e au 20e siècle. Mais leur histoire est profondément marquée par l’Histoire. De 1871 à la Seconde Guerre mondiale, le fantôme de l’oncle Melnitz apparaît à chaque mariage, barmitsva et enterrement pour commenter et se moquer de ses descendants. Émouvant, drôle, tragique, Melnitz est un grand roman salué comme le « Cent ans de solitude » de la tradition yiddish.
Mille soleils splendides
de Khaled Hosseini
– Belfond, 2007.
Mariam est une harami, une bâtarde que son père Jalil, qui compte parmi les hommes les plus riches d’Herat, vient visiter une fois par semaine. À la mort de sa mère, Mariam est autorisée à s’installer chez lui et est bientôt mariée avec l’une de ses relations d’affaires. À quinze ans, l’adolescente part à Kaboul avec Rachid. Elle porte désormais la burqa et subit la brutalité d’un homme de trente ans son aîné. Après dix-huit années de souffrance, elle assiste à l’arrivée de Laila, la nouvelle épouse. De rivales, les deux femmes vont devenir alliées… Sur fond de chaos et de violence dans un Afghanistan déchiré par cinquante ans de conflits, l’histoire bouleversante de deux femmes dont les destins s’entremêlent, un chant d’amour poignant à une terre sacrifiée et à une ville : Kaboul.
La pluie avant qu’elle tombe
Jonathan Coe - Gallimard,2009.
Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S’appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd’hui, l’histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l’enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences ?
Tout Jonathan Coe est là : la virtuosité de la construction, le don d’inscrire l’intime dans l’Histoire, l’obsession des coïncidences et des échos qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s’il délaisse cette fois le masque de la comédie, il nous offre du même coup son roman le plus grave, le plus poignant, le plus abouti. Jonathan Coe est devenu célèbre par ses romans satiriques où il décrit avec ironie, humour, mélancolie aussi, la société anglaise contemporaine. « La pluie avant qu’elle tombe » est d’un tout autre registre, preuve que ce romancier qui se dit mineur est un grand écrivain qui sait aborder d’autres genres.
Toxic planet
David Ratte - Paquet, 2006.
Des personnages qui ne se séparent jamais de leurs masques à gaz, une fumée toxique et verdâtre omniprésente et une nature qui a définitivement abdiqué… Le futur imaginé par David Ratte n’a rien de radieux. Loin de là ! Et pourtant, cette bande dessinée ne se contente pas de prédire une catastrophe planétaire d’envergure, elle provoque… les fous rires. Sensibiliser aux problèmes écologiques dans la bonne humeur, la méthode est singulière mais efficace.
Des vents contraires
de Olivier Adam – Editions de l’olivier, 2008.

Parce que son épouse a disparu un beau jour sans crier gare, parce que les recherches entreprises pendant toute une année n’ont jamais mené à la moindre piste, parce que tout espoir s’est évaporé, Paul Anderen décide de repartir à zéro avec ses deux jeunes enfants. Direction Saint-Malo, la ville de son enfance, et une petite maison qui surplombe la plage. Ni lui ni les enfants ne peuvent cependant s’arracher aux souvenirs du passé. Se reconstruire est une lutte de tous les instants.
Porté par une immense tendresse pour ses personnages, Olivier Adam a su donner sa plume à l’histoire mouvementée d’une famille. Des vents contraires l’impose comme l’une des voix les plus irrésistiblement attachantes de la fiction contemporaine
Coupures irlandaises
de Kris et Vincent Bailly – Futuropolis, 2008.
À l’occasion d’un voyage linguistique à Belfast, deux jeunes bretons, Nicolas et Chris, découvrent la dure réalité du conflit Nord Irlandais.
Le voyage est long pour les apprentis polyglottes et l’arrivée en Ulster les surprend : pluie, grisaille, douaniers nerveux, militaires, barrages…
Autre déconvenue : nos deux amis n’habiteront pas sous le même toit, Nicolas restera dans une famille ouvrière catholique alors que Chris doit se rendre chez une famille catholique nettement plus aisée. Chris sent peu d’affinités avec eux. Trop gentils pour être honnêtes.
« Ce récit est en grande partie autobiographique. Je dirais même que tout est vrai… sauf la chute ! » explique Kris, « c’est-à-dire, la fin de l’histoire et le drame vers lequel se dirige inexorablement tout le récit. Mais l’important, c’est que cette chute était plausible et, qu’à l’époque déjà, cela aurait pu arriver et, surtout, cela a failli arriver… En fait, je suis parti à Belfast durant l’été de mes 14 ans, invité par mon meilleur ami de l’époque. Cet ami prenait des cours particuliers en anglais et c’est son professeur qui, ayant des relations en Ulster, nous avait organisé ces vacances. C’était en 1987. Avec le recul, je me demande encore comment nos parents ont pu nous laisser partir là-bas, vu notre âge et ce qui s’y passait, questions toujours sans réponses d’ailleurs.
On est forcément obligé de se dire qu’on ignorait tout de la situation réelle en Irlande du Nord. »
Le correspondant étranger
de Alan Furst - Editions de l’Olivier, 2008.
Paris. 1938. Le rédacteur en chef de Liberazione, journal antifasciste clandestin, est découvert dans un hôtel du Quartier latin. La police conclut à un suicide, mais pour Carlo Weisz et ses camarades émigrés italiens, l’OVRA, la police secrète de Mussolini, a encore frappé.
Carlo, correspondant pour Reuters, se trouve au cœur de la guerre civile espagnole au moment du crime. Il revient à Paris et prend la relève de son ami assassiné. À peine Weisz pose-t-il le pied dans la capitale qu’il est traqué par l’OVRA, les services secrets britanniques, français, croates…
Dans ce roman d’espionnage haletant, Furst évoque ces combats de l’ombre menés par des hommes et des femmes épris de liberté. Entre Paris, Berlin et une Espagne en pleine guerre, il nous plonge dans une situation politique au bord de l’explosion, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale.
Les déferlantes
de Claudie Gallay – Rouergue, 2008.
Un jour de grande tempête sur la pointe de la Hague, Lambert revient quarante ans après sur le lieu du naufrage de ses parents et de son petit frère. La narratrice, intriguée par cet homme, va peu à peu découvrir le mystère et les secrets de cette noyade et mettre au jour les liens complexes unissant certains habitants du bourg.
Dans ce livre dense en personnages et en rebondissements, Claudie Gallay convainc de la singularité de son univers romanesque.
Le responsable des ressources humaines
de Avraham B. Yehoshua – Calmann-Lévy, 2005.
Un attentat suicide sur un marché de Jérusalem. Une femme est tuée, anonyme. Sur la victime, un unique document : sa feuille de paie, qui porte comme seule référence le nom d’une entreprise. A l’hôpital, personne ne vient réclamer son corps. Un journaliste saute sur l’occasion et tente de déclencher un scandale en dénonçant le "manque d’humanité" de l’entreprise, qui ne s’est même pas inquiétée de l’absence de son employée.
Mais qui est donc cette inconnue ? Sur l’ordre de son patron, c’est le jeune responsable des ressources humaines qui se lance sur ses traces.
Julia Ragaïev, une étrangère, belle, a tout quitté pour vivre seule à Jérusalem ; ingénieure, elle était pourtant employée de nuit au service de nettoyage. La mission du DRH, qui doit rendre une identité à cette femme et lui permettre d’avoir un enterrement digne, se transforme rapidement. Il ne s’agit plus seulement de sauver la réputation de son entreprise. L’image de cette femme s’insinue en lui et l’obsède jusqu’à ce qu’il puise au plus profond de lui la force de vaincre la dureté de son propre cœur, et de recommencer à vivre.
Chaos calme
de Sandro Veronesi – Grasset, 2005.
Pietro Paladini est immobile. Dans l’œil du cyclone. Il ne sort plus de sa voiture, garée au bas de l’école de sa fille, à Milan.
Ce quadragénaire séduisant que la vie avait épargné vient de perdre sa femme, Lara. Il attend de souffrir mais ce n’est pas si facile de ressentir la perte. Les amis et les anonymes viennent lui parler, l’étreindre, partager ce moment suspendu, ce chaos calme où il se réfugie désormais.
Autour de cette situation digne d’un Beckett loufoque, Sandro Veronesi construit un roman polyphonique, livre de la maturité, émouvant, ample, magistralement tissé… le mélange de :
l’intime dans ce qu’il a de plus vibrant,
du réel dans ce qu’il a de plus dérangeant.
La marche de Mina
de Yoko Ogawa – Actes Sud, 2008.
Roman de la maturité, La Marche de Mina désire explorer les liens issus de l’enfance avec générosité et fantaisie. Abordant pour la première fois le thème de l’étrangeté des origines, la romancière met en scène les années 1970 en Europe, vues du Japon.
Très poétique, l’écriture de la romancière fige le temps dans un idéal juvénile. Comme une bulle, fragile et éphémère, l’enfance reste un conte merveilleux où se dessinent les prémices de l’âge adulte.
Les petits ruisseaux
de Rabaté - Futuropolis, 2006.
Chaque jour Edmond et Pierre, deux petits vieux s’installent au bord de la rivière pour pêcher. Ils font de temps à autre des pauses pour casser la graine ou boire un coup de blanc. Parfois ça mord un peu.
Le temps s’écoule ainsi, au rythme des prises. Le soir, chacun rentre chez lui. Edmond retrouve son chat, et Pierre parle à la photo de sa femme décédée d’un cancer.
Un jour, Edmond apprend à son ami qu’il a rencontré quelqu’un, grâce aux annonces qu’il lit depuis quelque temps. Et là, il semble que ce soit la bonne.
« C’est pas parce que l’on a passé l’âge de la gaudriole épicée qu’il faut faire maigre jusqu’au trou. »
A la surprise de Pierre, Edmond lui montre aussi son violon d’Ingres, la peinture. Il s’y est mis après avoir divorcé de sa femme. Il dessine des nus féminins, d’après les pages centrales de playboy. Pour Pierre, c’est un choc. Impensable d’imaginer faire la même chose. Le souvenir de sa femme, l’âge… autant de freins à une vie aussi active. Alors qu’il rumine ces sombres pensées, de retour chez lui, Edmond meurt terrassé par une crise cardiaque.
Pierre, remué par ces événements et la mort de son ami, décide alors de reprendre sa vie en main.




























