L’île Héron, composée de grands arbres et de nature sauvage camoufle bien des secrets. De loin, cachée parmi la flore, il est possible d’apercevoir une multitude de « créatures ». Mais peu de gens y ont accès, l’île étant formellement interdite au public.
Pour y accéder, seuls une embarcation ou un gué submersible permettent le passage du public lors de visites exceptionnelles. Ce passage, rapidement submergé, se traverse seulement quelques heures par jour en saison estivale.
Mais quels sont les secrets de l’île Héron ? A qui appartient-elle ? Quels êtres vivants peut-on y trouver ?
Une île de Loire
L’île Héron
Surface : 69 hectares
Longueur x largeur maximales : 2500 x 475 mètres
Linéaire de berges : 5400 mètres
Distance minimale avec la rive nord : 390 mètres
Distance minimale avec la rive sud : 120 mètres
L’île appartient en partie à la commune de Saint-Sébastien-sur-Loire et en partie au Département.
L’île Pinette et Forget, ses voisines
L’île Pinette est séparée de l’île Héron par le Boireau, un bras du fleuve. Elle représente 53 hectares.
L’île Forget, quant à elle, est reliée par plusieurs ponts à l’île Pinette.
Elles appartiennent toutes les deux à la commune de Saint-Sébastien-sur-Loire et sont accessibles librement.
Si elles restent très naturelles et classées Natura 2000, elles ne sont pas sanctuarisées comme l’île Héron.
Histoire de l'île Héron en quelques dates-clés
L'île Héron, son seul nom ?
L’île a eu plusieurs noms : l’île des Plombs, l’île Barthélémy, l’île de la Grésillère (1781), l’île Renaulet (1784) ou encore l’île des Hérons.
C’est en 1850 que le nom de l’île Héron apparaît pour la première fois comme unique nom sur une carte.
Portraits de la faune
Rosalie des alpes
Il est possible de la retrouver dans les habitats boisés (forêts). Son corps mesure entre 15 et 38 millimètres, petite, de couleur gris bleu avec des taches noires de formes différentes. Ses longues antennes sont également bleues. Cette espèce est protégée dans de nombreux pays de l’Union Européenne.
Chouette chevêche
C’est une petite chouette d’environ 21cm, de couleur brun foncé, rayée, avec la gorge et le ventre blanchâtres. Elle aime tout particulièrement survoler les îles. Elle se nourrit d’insectes, de vers de terre et de petits mammifères dont beaucoup de campagnols.
Castor
Le Castor vit près des cours d’eau et des zones humides alluviales. Il construit son habitat avec l’aide de ses incisives et de sa queue plate. Il est essentiel pour les écosystèmes aquatiques et sa préservation est primordiale.
Héron
Il fait partie de la famille des échassiers, aime tout particulièrement les milieux aquatiques avec les eaux peu profondes et les zones humides. Il se nourrit de poissons, rongeurs et amphibiens, reptiles, crustacés. On peut le repérer avec ses longues pattes grises, son long cou et son bec orange. Il peut vivre jusqu’à 25 ans car il n’a pas de prédateurs et est protégé depuis 1974. Il n’est pas dérangé par sa proximité des villes. Le héron est souvent solitaire, en petits groupes, ou en colonies pour la reproduction. Les grands arbres lui permettent de s’y reposer et d’y faire son nid. Photo Michel Steiner
Hirondelle des rivages
C’est un passereau à ailes pointues qui passe tout son temps dans les airs. Elle a une taille d’environ 12 cm et son poids oscille entre 12 à 18 grammes. Elle est de couleur gris brunâtre sur le dessus et de couleur blanche sur le ventre avec une bande pectorale brune. Il est possible de la retrouver sur tous les continents. Photo LPO
On peut retrouver de nombreux autres animaux sur l’ile Héron : faucon hobereau, loutres, grand capricorne, sittelle torchepot, troglodyte mignon, martin pêcheur, milan noir, grand cormoran, bécassine, barcelle, chevalier guinette, martinet, ragondin, rat musqué, lapin de garenne, rat d’eau, campagnol, renard, belette, hermine, fouine…
Portraits de la flore
Frêne têtard
C’est l’arbre le plus présent sur l’île avec environ 250 arbres. Il représente un grand arbre avec un gros tronc souvent creux qui devient un refuge pour les animaux (chouettes, chauves-souris, rapaces nocturnes…). Il peut vivre jusqu’à 200 ans même s’il est devenu de plus en plus rare.
Pour former un frêne têtard, il faut couper la tête de l’arbre, ainsi que toutes les branches lorsque sa taille est comprise entre 3 et 3,5 mètres de haut et son diamètre d’environ 15 cm.
Les coupes répétées sur les frênes têtards favorisent la formation d’une excroissance appelée la loupe. Celle-ci est très recherchée en
ébénisterie pour la fabrication de mobilier d’art.
Roseau
Les roseaux sont des herbes hautes, retrouvées dans les sols frais et humides, au bord des rivières, des lacs et des étangs. Le roseau aime les sols vaseux et résiste à la stagnation dans l’eau, mais est sensible au sel. Il a une hauteur de 1,5 à 3 mètres et 10mm de diamètre. Ses feuilles sont allongées et larges de 1 à 3 cm. Il est facilement reconnaissable pendant la période de floraison (de juillet à octobre) grâce à ses panicules pyramidales pourpres.
Les roselières, on l’on retrouve de nombreux roseaux rassemblés, sont importantes pour la faune car servent de lieu pour se reposer, se reproduire, ou se nourrir.
Sureau
Le sureau est un arbre de 3 à 5 mètres de haut, retrouvé dans les haies bocagères. Il y a deux types de sureaux : le noir et le rouge. A la différence du sureau rouge, les fleurs du sureau noir produisent des fruits dont on peut faire des confitures, des sirops… Il a aussi des propriétés médicinales.
Les sureaux abritent de nombreux insectes utiles et nourrissent des oiseaux et pollinisateurs.
Erable
Les érables sont très courants en France et notamment dans les régions avec un climat tempéré. Ses feuilles vont du vert à l’orange. Cet arbre aime l’ombre, et vit parfaitement bien sous la canopée des feuillages des autres arbres plus grands qu’eux.
Saule blanc
Le Saule Blanc est un arbre répandu dans les lieux humides et au bord des rivières. Grâce à son écorce, il a de nombreuses propriétés anti-inflammatoires et permet notamment de contrer les maux de tête. Le saule blanc peut vivre une centaine d’années et atteindre jusqu’à 25 mètres de haut.
On peut retrouver de nombreux autres arbres sur l’île Héron : chênes, ormes, acacias, églantiers, aubépine, prunelier, cornouiller, fusain, ronce, plantain d’eau, iris faux acore…
L'évolution de la peupleraie
Concernant les 3500 peupliers plantés dans les années 90 pour exploiter le bois, le Département entreprend en 2007 une grande partie de leur abattage. L’opération, longue et fastidieuse, a finalement permis de restaurer l’île et laisser la nature reprendre ses droits.
Au fur et à mesure que certains peupliers repoussent, ceux-ci sont coupés afin de préserver l’équilibre de l’île.
L'île Héron en images
Vrai ou faux ?
1/ Un village est situé sur l’île ?
2/ L’île a toujours eu son aspect actuel ?
3/ L’île Héron tire son nom du fait de la présence de nombreux hérons ?
4 / On peut trouver de nombreux pommiers sur l’île ?
5 / Tout le monde peut accéder librement à l’île Héron ?
6 / L’île appartient à la Ville de Nantes ?
7 / L’île est apparue il y a environ 100 ans ?
1 / Faux : seule une ferme a occupé les lieux. En ruine, elle est encore visible aujourd’hui.
2 / Faux : l’île « se déplace » sur elle-même, au gré des mouvements de la Loire. La végétation y a également beaucoup évoluée.
3 / Vrai : l’île accueille de nombreux hérons. Beaucoup nichent au lac de grand lieu et sont seulement de passage sur les îles de Loire.
4 / Faux
5 / Faux : l’île est interdite au public. Elle est seulement accessible l’été, en compagnie d’un guide.
6 / Faux : elle appartient au Département et à la Ville de Saint-Sébastien
7 / Faux : si elle existe depuis bien plus longtemps encore, les premières cartes qui la référencent datent de 1781.